FLARES DE SATELLITES IRIDIUM
Parmi les milliers de satellites et débris divers en orbite autour de la Terre, un grand nombre possèdent des surfaces planes réfléchissant à des degrés divers la lumière du Soleil. Lorsque l'angle Soleil-satellite-observateur est favorable, on reçoit une réflexion directe du Soleil qui nous apparaît comme une augmentation soudaine de la luminosité de l'objet. Cette augmentation peut être très brutale dans le cas d'une surface d'un satellite tournant sur lui-même ou assez lente pour un satellite ayant une attitude stable ou presque.
Fonctionnelle depuis novembre 1998, la constellation de 88 satellites de communication téléphonique Iridium nous permet d'observer de façon régulière de telles réflexions. Dans le milieu, on les appelle des "flares". A cause de la construction des satellites et du fait de leur attitude stable par rapport à leur direction de déplacement, ces flares sont heureusement prévisibles et nous offrent parfois tout un spectacle d'une durée avoisinant les 30 secondes.
Sous la protection de la loi sur les faillites depuis août 1999, les actifs de la compagnie Iridium LLC ont été vendus à Iridium Satellite LLC le 20 novembre 2000 pour $ 25 millions. La constellation de satellites qui était maintenue en orbite par Motorola, le sera dorénavant par Boeing. Les satellites conservent encore leur orientation et les flares sont toujours prévisibles.
Contenu de cette page :
- Qu'est-ce
qui cause ces réflexions ?
- Quand peut-on
les observer ?
- Comment
les observer.
- Photos
prises par l'auteur d'une réplique exacte d'un satellite
- Données
techniques sur ces satellites
- Liens vers
d'autres sites discutant des satellites Iridium
- Les satellites
désorbités de manière provoquée ou naturelle
La constellation de satellites Iridium se compose nominalement de 66 satellites répartis sur 6 plans orbitaux espacés d'environ 30 degrés en longitude. Ils évoluent à environ 780 km d'altitude selon un plan orbital incliné à 86,4 degrés par rapport à l'équateur terrestre.

L'image ci-dessus montre l'emplacement des 88 satellites lancés (66 + 22 supplémentaires) tels qu'ils étaient disposés le 11 janvier 2000 à 02:20 UT. Chaque croix jaune en représente un. Chaque satellite est constitué d'un corps triangulaire d'environ 4 mètres de haut par un de large. À la base se trouvent 3 antennes de 188 cm par 86 cm espacées de 120 degrés et orientées à 40 degrés par rapport à l'axe vertical du satellite. Chaque antenne est en fait constituée de 106 modules de réception et est recouverte d'une mince couche de Teflon et d'argent d'où la grande réflectivité.

Ce sont ces antennes qui nous envoient une réflexion directe du Soleil qui atteint un maximum de brillance dans une zone de quelques kilomètres seulement à la surface de la Terre. C'est pourquoi il faut absolument être au centre de cette trace lumineuse pour pouvoir l'observer à une magnitude pouvant atteindre - 8.
Comme n'importe quel satellite, les Iridium sont observables peu après le coucher du soleil ou peu de temps avant son lever. Normalement, ils sont invisibles à l'oeil nu, étant d'une magnitude inférieure à +6. Lorsque l'angle soleil-satellite-observateur devient favorable, ce dernier peut alors remarquer que le satellite devient rapidement visible pour atteindre sa magnitude maximale en une quinzaine de secondes puis diminue aussitôt de brillance pour retrouver son éclat normal. Plus l'observateur est loin du centre de la trace que fait sur le sol la réflexion, plus son éclat maximal sera faible.
Afin de connaitre si des flares sont prévus à un endroit donné en un temps quelconque, on doit utiliser un programme qui fera les calculs pour nous à partir des éléments orbitaux les plus récents de tous les satellites Iridium en orbite. Il est important de souligner qu'un tel programme ne s'adresse qu'aux Iridium car eux-seuls ont cette configuration d'antennes réfléchissantes. Le plus populaire des programmes se nomme Iridlar, créé par Robert Matson, un spécialiste de l'observation de satellites. Cliquer ici pour en connaitre le fonctionnement et la façon dont les résultats sont présentés.
Une autre façon de d'obtenir des prévisions de flares sans avoir à télécharger, installer et opérer un programme, est de s'adresser au site Heavens-Above qui comporte une section pouvant faire le calcul de prévisions pour n'importe quel endroit sur le globe. On doit d'abord choisir son lieu de résidence parmi une liste très impressionnante de 2 000 000 de villes et villages du monde ou encore on crée son propre site d'observation à l'aide de coordonnées géographiques qu'on peut trouver ici et du fuseau horaire dans lequel on se trouve. Si on entre nos propres coordonnées, celles-ci seront automatiquement sauvegardées.
Quand cette inscription est faite, on aboutit sur une page de menu nous
montrant tout ce qu'il est possible d'obtenir de ce site. On se déplace
alors vers l'item " Iridium Flares " qui nous donne le choix de 4 intervalles
de temps pour générer les prévisions :
- pour les
prochaines 24 heures
- pour les
prochains 7 jours
- pour les
dernières 48 heures
- pour les
flares diurnes (eh oui, c'est possible d'en voir !) pour les 7 prochains
jours.
Si on choisit pour les prochaines 24 heures, voici un exemple des résultats qu'on peut obtenir :
Clicking on the time of the flare will load another page with more details,
including a map showing the track of the flare along the ground, and
the
location of the nearest point of maximum intensity.
| Search Period Start: | 22:21, Monday, 10 January, 2000 |
| Search Period End: | 22:21, Tuesday, 11 January, 2000 |
| Observer's Location: | Dr'ville - Deak ( 45.8537°N, 72.4857°W) |
| Local Time: | Eastern Standard Time (GMT - 5:00) |
| Date | Local
Time |
Intensity
(Mag.) |
Elev. | Azimuth | Distance to
flare centre |
Intensity at
flare centre (Mag.) |
Satellite |
|---|---|---|---|---|---|---|---|
| 11 Jan | 06:06:05 | -1 | 15° | 149° (SSE) | 52.1 km (W) | -6 | Iridium 47 |
| 11 Jan | 16:48:48 | -3 | 73° | 65° (ENE) | 14.5 km (W) | -9 | Iridium 70 |
Au-dessus du tableau,
se trouve les détails du lieu d'observation et de l'intervalle de
temps demandé. Le tableau lui-même comporte les 8 colonnes
suivantes :
- date de l'événement
- heure locale du maximum de brillance
(format 0-24 heures)
- magnitude maximale
- élévation du satellite
au-dessus de l'horizon à ce moment
- azimuth ou direction du satellite
à ce moment
- distance et direction entre votre
site et le centre de la trace où la brillance est à son maximum
- magnitude maximale au centre de
la trace
- nom du satellite produisant ce
flare
Peu importe la méthode choisie pour obtenir les prévisions, il faut maintenant attendre le moment opportun. Ce moment précis dépend évidemment de l'exactitude de l'heure que votre montre ou horloge affiche. Les flares sont généralement prévus avec une précision de l'ordre d'une seconde. C'est la brillance maximale atteinte qui peut varier pour plusieurs raisons. C'est pourquoi il importe d'avoir une montre ajustée selon une horloge de référence qu'on retrouve sur certaines fréquences des radios ondes courtes ou encore à la télé (un peu moins précise toutefois).
Il est bon de sortir à l'extérieur quelques minutes avant l'heure prévue pour que les yeux s'habituent à la noirceur et qu'on puisse se repérer dans le ciel et observer d'avance la zone où le flare doit apparaître. Ce phénomène s'observe à l'oeil nu et c'est de cette façon qu'il est le plus spectaculaire. Les jumelles ou télescopes sont donc superflus, à moins que vous vouliez continuer à suivre le satellite après que sa luminosité ait diminué.
Il faut essayer de repérer le satellite avant qu'il n'atteigne sa brillance maximale. Il s'agit d'un point blanc se déplaçant à une vitesse semblable à celle d'un avion de ligne à très haute altitude. Dès qu'il est repéré, c'est qu'il se trouve déjà dans sa phase montante de luminosité. Il ne reste qu'à profiter du spectacle.
Les satellites de la constellation Iridium servent à transmettre
des communications téléphoniques
effectuées à partir d'appareils portables un peu plus gros
qu'un gros cellulaire mais effectuées de partout dans le monde sans
les limites de couverture territoriale qui handicapent les cellulaires.
Ces 88 satellites, construits par Motorola Inc., furent lancés par groupe de 2 à 7, dépendamment du type de lanceur, à partir du 5 mai 1997. Le dernier lancement eut lieu le 11 juin 1999 avec les satellites no 14A et 20A, des remplacements, mis en orbite par un lanceur chinois Longue Marche 2C. Leurs principales caractéristiques sont les suivantes :
Largeur du
corps triangulaire : 1,0 mètre
Hauteur :
4,0 mètres
Altitude de
l'orbite : 780 kilomètres
Inclinaison
des plans orbitaux : 86,4 degrés
Période
orbitale : 100 minutes 28 secondes
Masse : 690
kg
Taux de transmission
de données : 2,4 kilobits / seconde
Durée
de vie : 5 à 8 ans
Liste des satellites par ordre chronologique de lancement. (à venir)
Liste des satellites par ordre numérique (numéro de véhicule). (à venir)
Liste des satellites par plan orbital et position dans ce plan.
Liste des satellites inopérants. (à venir)
Liste des satellites en perte de contrôle d'attitude et leurs CARACTÉRISTIQUES VISUELLES. (à venir)
Page contenant 7 photos d'un satellite avec explications (en français) Même page en anglais
- Quatre pages
de photos de flares (site
de Jim Nix)
- Mesure du
champs magnétique terrestre par les satellites Iridium (site
Spaceflight Now)
- Six
photographies d'un satellite Iridium exposé au National Air
& Space Museum de Washington
- Page
très complète du site Visual Satellite Observer sur les
satellites Iridium. Nombreux liens.
Voici une brève liste des satellites qui sont retombés dans
l'atmosphère et se sont désintégrés.
Les liens
mènent à des détails de ces rentrées.
Iridium
79 le 29 novembre 2000
Iridium
85 le 30 décembre 2000
Iridium
48 le 05 mai 2001
Iridium
27 le 1 février 2002
Iridium
9 le 11 mars 2003
Dernière mise à jour de cette page : 05 août 2002 à 04:15 UTC
Auteur : Daniel Deak