DEUX MANOEUVRES VISIBLES LORS
DE LA MISSION GLOBALSTAR 7




CONTENU DE CETTE PAGE

Description de la mission
Son déroulement à partir du décollage
La manoeuvre visible du Québec
Où et comment l'observer

Pour les représentants des médias : Kit de presse de Boeing (en anglais)

 

DESCRIPTION
    Le mardi, 8 février 2000, de Cap Canaveral Air Station en Floride décollait la dernière mission de mise en orbite de satellites Globalstar. Ce lancement compléta la constellation de 52 satellites initialement prévus pour ce système de télécommunications par satellite permettant la transmission de voix, données et télécopies par téléphones portables.

    Issu d'un partenariat entre Loral Space and Communications et Qualcomm inc., ce système consiste en 48 satellites disposés sur 8 plans orbitaux complémentés par 4 satellites de remplacement. Ce sont justement eux qui étaient lancés lors de cette dernière mission. L'image ci-dessous nous montre la répartition des 48 premiers satellites autour de la Terre le 4 février 2000 à 20h20 HNE. Chaque croix jaune sur l'image en représente un.

48 Globalstar en orbite
 


DÉROULEMENT DE LA MISSION

    La fusée Delta 2, modèle 7420, fabriquée par The Boeing Co. d'Huntington Beach en Californie et dont un dessin détaillé se trouve ici, a décollé de Floride le 8 à 16h24 HNE à la fin de la fenêtre de lancement, ce qui veut dire que si elle ne pouvait pas décoller à cette heure, le lancement était remis au 9 février à 15:38 HNE avec une fenêtre de 30 minutes.

    Soixante-trois secondes après le lancement, les 4 fusées d'appoint à carburant solide s'arrêtent et sont éjectées 4 secondes plus tard à une altitude de 22 km. Le premier étage coupe son moteur à T+ 4 min 24 sec à 115 km d'altitude pour ensuite se séparer 8 secondes plus tard. Le moteur du deuxième étage s'allume pour une première fois à T+ 4 min 37 sec. La coiffe se sépare en deux et se détache de l'étage 10 secondes plus tard. Le 2e étage s'éteint une première fois au sud de Terre-Neuve à T+ 11 min 18 sec. La vitesse orbitale est alors atteinte à 185 km d'altitude.

    L'étage avec ses 4 satellites encore arrimés fait un demi-tour de Terre en augmentant d'altitude avant de rallumer son moteur au sud de l'Australie à T+ 1 hre 2 min 13 sec (17h26 HNE). Cette mise à feu dure 19 secondes et a pour but de circulariser l'orbite à 917 km d'altitude dans le but d'y relâcher les satellites. Les deux premiers se séparent à T+ 1 hre 7 min 3 sec. Les deux suivants à T+ 1 hre 11 min 13 sec.

    Le 2e étage de la fusée Delta ayant terminé sa mission, il est d'abord manoeuvré à T+ 1 hre 44 min 23 sec (17h38 HNE) pour qu'il s'écarte de la trajectoire des satellites. Son moteur est alors mis à feu pour 5 secondes pour abaisser le périgée de son orbite.
 

LA MANOEUVRE VISIBLE DU QUÉBEC
    C'est peu après cette modification d'orbite que se produisit la manoeuvre la plus spectaculaire à observer qui consiste à rallumer le moteur pour une 4e et dernière fois afin de vidanger complètement le contenu des réservoirs de propergol. Cette vidange a pour but d'éliminer les risques d'explosion soudaine de l'étage, ce qui créerait une foule de débris potentiellement dangereux pour les autres satellites en orbite.

    La mise à feu s'effectua à T+ 1 hre 51 min 53 sec (18:15:53 HNE) pour s'arrêter à T+ 1 hre 52 min 18 sec (18:16:18 HNE). Celle-ci, heureusement pour nous, a eu lieu au Québec à 920 km d'altitude à la verticale de Mont-Laurier (source de mes informations : Boeing). Donc, tout le Québec et les provinces maritimes pouvaient être témoins de ce phénomène très beau à regarder. L'auteur de ce site a observé une telle manoeuvre le 17 août 1999 alors que ce 2e étage se trouvait beaucoup plus loin, soit au sud des Grands Lacs, et il fut très facile à voir à l'oeil nu, à condition d'avoir un ciel sombre. Voici un dessin montrant à quoi ça ressemblait dans des jumelles, la fusée se déplaçait vers le haut :

Dessin Depletion burn




   Étant donné la distance, cette mise à feu fut observée presque de face. Cette forme de corne d'abondance s'est faite très rapidement et avait une grandeur apparente de 1 degré (un petit doigt à bout de bras) lorsque vue dans les jumelles pour la première fois. Au bout de quelques minutes, ce nuage atteint 5 degrés (3 doigts à bout de bras) et devint dificile à observer à l'oeil nu. Au départ, sa brillance était comparable à celle d'une aurore boréale, pour les personnes qui en ont vu. En fait, c'est la lumière solaire qui éclaire les particules produites par l'échappement des gaz et non leur combustion qui produit cette lueur.

DESSINS DE L'OBSERVATION DU 8 FÉVRIER 2000 :
    À la fin de la 4e mise à feu : depburn1.jpg
    Vers la fin du larguage de carburant : depburn2.jpg
 

    OÙ ET COMMENT L'OBSERVER
    Cette manoeuvre était facilement visible à l'oeil nu à condition d'avoir un ciel peu pollué par la lumière des villes. C'est pourquoi, les gens habitant des régions isolées avaient beaucoup plus de facilité à l'observer. Des jumelles ordinaires pouvaient rendre la chose encore plus intéressante. Un télescope s'avèrait inutile puisque le nuage de particules était trop grand pour le champ de vision d'un tel instrument. Par contre, étant donné des circonstances exceptionnelles, l'observation à l'oeil nu était suffisante et même les 4 satellites et l'étage de fusée était facilement repérables à l'oeil.

       Pour repérer l'emplacement prévu, dans le ciel, de la manoeuvre, il fallait une carte du ciel visible du lieu de l'observation (Drummondville, Québec) montrant la trajectoire de la fusée. Sur cette carte, il faut ajouter 30 minutes aux temps inscrits mais la position dans le ciel en azimuth et élévation reste inchangée. Seule la position relative des étoiles était changée car le ciel avait tourné vers l'ouest de 7.5 degrés autour du pôle nord céleste (Étoile Polaire).

     Cette carte représente le ciel visible au moment du passage de l'étage de fusée avec son trajet visible en vert, la partie en rouge étant la portion de son trajet dans l'ombre de la Terre le rendant ainsi invisible. Les 4 points cardinaux sont indiqués et les chiffres tout le tour de la carte sont les degrés d'azimuth. Les flèches indiquent la direction de déplacement et les heures indiquées sont toutes des heures HNE. Les points sur la trajectoire sont espacés de 15 secondes et le premier et le dernier sont à 5 degrés au-dessus de l'horizon.


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Dernière mise à jour de cette page : 6 mai 2002 à 03:40 UT

Auteur : Daniel Deak