L'APRÈS-COLUMBIA
LA
REPRISE DES VOLS DE NAVETTE
INTRODUCTION
Cette section du site Obsat traite des travaux faits par la NASA et ses partenaires en vue de la reprise des vols de navette spatiale en juillet 2005. Elle traite de tout ce qui s'est passé du 26 août 2003, soit le jour du dépôt du rapport final de la Commission d'enquête sur l'accident de Columbia (CAIB), jusqu'au 1er juillet 2005, date de l'autorisation formelle de lancer la mission STS-114 suite à sa revue d'aptitude au vol.
Le texte qui suit, et celui des pages archivées, est présenté sous forme chronologique en remontant dans le temps à partir du 1er juillet 2005. Chacune de ces sections est identifiée par la date de publication sur Obsat. Toutes les dates et heures mentionnées dans le texte sont données en Temps universel coordonné (UTC). Il faut soustraire 5 heures pour obtenir l'Heure normale de l'Est (4 heures pour l'Heure avancée de l'Est) ou additionner 1 heure pour l'heure de Paris (2 heures pour l'heure d'été).
CHRONOLOGIE
DES ÉVÉNEMENTS
Mercredi, 13 juillet 2005
Après une période où l'auteur du site ne pouvait faire de mise à jour, faute de disponibilité, voici un résumé des événements marquants des travaux liés à la reprise des vols s'étant produits entre le 5 mai et le 1er juillet 2005 :
1er juillet 2005
Après une revue d'aptitude au vol ayant duré deux jours, la NASA a finalement formellement autorisé le lancement de la mission STS-114 le 13 juillet à 19h50m47s. Le compte à rebours doit donc débuter le 10 juillet à 22h. Consultez cette page d'Obsat sur la mission pour en savoir plus.
28 juin 2005
Le groupe de travail Stafford-Covey sur la reprise des vols (RTF TG) a rendu public son rapport final. Géré par les ex-astronautes Thomas Stafford et Richard Covey, le mandat de ce groupe de travail était de faire le suivi des travaux faits par la NASA dans le but de respecter les vingt-neuf recommandations contenues dans le rapport de la Commission d'enquête sur l'accident de Columbia (CAIB). De ces recommandations, quinze devaient être rencontrées pour pouvoir lancer la navette à nouveau.
Dans ce rapport final, le groupe Stafford-Covey mentionne que la NASA n'a pas pu rencontrer les exigences de trois de celles-ci :
R3.2-1
Mettre
en place un programme agressif d'élimination à la source
de tous les débris provenant du système de protection thermique
du réservoir externe, en insistant particulièrement sur la
région où le bipied de support de l'orbiteur s'attache au
réservoir externe.
Le RTF TG en est venu à la conclusion que la conception même du réservoir externe ne permettra jamais d'éliminer tout relâchement de débris. La NASA a cependant pris les mesures pour réduire l'émission de ces débris, mais un impact majeur restera toujours probable.
R3.3-2
Mettre
en place un programme destiné à accroître la résistance
de l'orbiteur aux dommages mineurs dûs aux débris par des
mesures comme des panneaux en carbone-carbone renforcé et
des tuiles résistants aux impacts. Ce programme devrait permettre
de déterminer la résistance réelle aux impacts des
matériaux actuels et les effets des impacts probables de débris.
Depuis l'annonce par le président Bush de la mise au rancart des navettes spatiales en 2010, il devenait économiquement et techniquement impossible de développer et de certifier à temps de nouveaux matériaux pour la protection thermique des navettes. Des améliorations ont été apportées sur certaines pièces, mais la résistance aux dommages ne s'est pas vraiment améliorée.
R6.4-1
Pour les
missions à destination de la Station spatiale internationale, développer
une capacité praticable d'inspecter et d'effectuer des réparations
urgentes sur la plus grande variété possible de dommages
au système de protection thermique, incluant les tuiles et les pièces
de carbone-carbone renforcé, en prenant avantage des capacités
additionnelles disponibles lorsque l'orbiteur se situe près de ou
est amarré à la Station spatiale internationale. (...suite
du texte tronqué.)
Pour la partie inspection en orbite, le RTF TG conclue que la NASA a respecté les exigences de la CAIB. Cependant, le développement des capacités de réparation en orbite se fait au ralenti à cause des défis technologiques que cela représente. En effet, les ingénieurs et techniciens ont été poussés à la limite de leurs connaissances actuelles et ces capacités demeurent encore limitées. Elles seront d'ailleurs testées pour une première fois dans les conditions réelles de l'espace lors de la mission STS-114.
Pour conclure, le RTF TG mentionne que la NASA a fait un travail remarquable pour satisfaire aux recommandations de la CAIB et ainsi améliorer considérablement la sécurité des vols. L'aventure spatiale demeurera cependant encore longtemps une entreprise risquée et il convient de continuer à bien évaluer ces risques pour les garder dans des limites acceptables.
Quant à l'administrateur de la NASA, Michael Griffin, il tient des propos semblables en mentionnant que les vols spatiaux comportent des risques et que des personnes, les astronautes, sont prêtes à les assumer pour qu'un jour ces vols deviennent routine.
24 juin 2005
Les gestionnaires de la NASA ont décidé de poursuivre les préparatifs pour la mission STS-114 du 13 juillet, même si les ingénieurs ont été incapables de préciser davantage quels seront les risques de dommages causés par les débris de glace pouvant se détacher du réservoir externe. Les imulations n'ont donc pas pernis de déterminer la nature de ces dommages, ni leur emplacement. Trop de facteurs entrent en jeu et, selon ces derniers, les risques de dommages significatifs nécessitant une action urgente peuvent varier de un sur 100 à un sur plusieurs dizaines de milliers. Ces risques ont quand même été jugés acceptables.
15 juin 2005
Ce fut le retour au pas de tir pour Discovery après un trajet de 10 1/2 heures, ayant débuté à 5h58, depuis le bâiment d'assemblage des véhicules (VAB). Un nouveau réservoir externe et de nouvelles fusées d'appoint solides ont été installés. Le même problème de surchauffe de roulements s'est produit sur ce trajet que lors du retour le 26 mai. Comme quoi les transporteurs prennent de l'âge. Rappelons qu'ils ont été construits dans les années 60 pour les fusées Apollo.
26 mai 2005
La navette a été ramenée aujourd'hui à l'intérieur du bâtiment d'assemblage des véhicules (VAB) du Centre spatial Kennedy. Le périple à partir du pas de tir 39B aura duré 10 heures pour se terminer à 20h30. L'orbiteur sera détaché de son réservoir original, le numéro 120, le 31 mai et sera installé sur un nouveau réservoir modifié, le numéro 121 initialement prévu pour la mission STS-121, le 7 juin. Le trajet vers le VAB fut momentanémant interrompu à cause de la surchauffe d'un roulement sur le massif véhicule transporteur.
20 mai 2005
La NASA a procédé à un deuxième essai de remplissage
du réservoir externe aujourd'hui, suite aux problèmes rencontrés
lors des essais du 14 avril. Lors de ces essais, deux détecteurs
de bas niveau d'hydrogène liquide ont mal fonctionné et la
valve contrôlant la pression dans le réservoir d'hydrogène
s'est ouverte plus souvent qu'à l'habitude, soit 13 fois au lieu
des 8 ou 9 habituelles. La cause de cette ouverture plus fréquente
semble être reliée à un nouveau modèle d'injecteur
d'hélium destiné à aider la circulation de l'hydrogène.
Cette fois-ci, les détecteurs de niveau ont bien fonctionné,
mais la valve s'est ouverte le même nombre de fois, confirmant l'hypothèse
de l'injecteur.
Mercredi, 4 mai 2005
Le nouvel administrateur de la NASA, M. Mike Griffin, a annoncé le 29 avril que le lancement de Discovery sera retardé jusqu'à la prochaine fenêtre de tir, c'est-à-dire qu'il n'aura pas lieu avant le 13 juillet. Une étude des risques d'impacts de débris de glace se détachant du réservoir externe a précipité cette annonce. En effet, malgré les modifications qui y ont été apporté, le soufflet de la conduite externe d'oxygène liquide du réservoir pourrait encore générer des débris de glace importants qui poseraient un risque pour l'orbiteur. De plus, une autre zone à risque pour la glace a aussi été identifiée près du sommet du réservoir externe autour des supports d'une conduite de pressurisation.
Rappelons que la Floride est un endroit très humide, surtout en été, et que cette humidité se condense et gèle sur les parties peu isolées du réservoir qui sont soumises aux températures très basses des liquides cryogéniques qui y sont stockés. Au lancement, à cause des vibrations et des forces aérodynamiques, cette glace peut se détacher et frapper le reste de la navette spatiale. Des analyses plus poussées doivent être faites par les ingénieurs, et le temps pour les réaliser entraîne nécessairement un report du lancement.
Les préparatifs en vue de la mission STS-114 se poursuivent quand
même. Aujourd'hui, les astronautes de la mission et le personnel
de la NASA ont procédé à une répétition
générale du compte à rebours. Tout était exactement
comme si un vrai lancement avait lieu, avec les astronautes attachés
à leur sièges. Ce compte à rebours fut arrêté
à T - 4 secondes, comme si les moteurs principaux s'éteignaient
après 2 secondes de fonctionnement à cause d'une panne quelconque.
L'équipage s'est installé dans l'orbiteur à partir
de 8h et la répétition s'est terminée à 15h.
Mercredi, 20 avril 2005
La NASA annonçait aujourd'hui le report du lancement de Discovery
d'une semaine, tel qu'anticipé. En effet, à cause du temps
nécessaire pour effectuer toutes les tâches reliées
aux préparatifs du lancement et à la validation du résultat
des démarches entreprises pour rendre les vols de navette plus sécuritaires,
les gestionnaires ont fixé au 22 mai la date possible du lancement.
Une revue d'aptitude au vol doit avoir lieu le 10 ou le 11 mai et c'est
seulement à ce moment que nous connaîtrons la date exacte.
LES COÛTS DE LA REPRISE DES VOLS
Dans son rapport du 3 décembre 2004, la NASA a publié les
coûts engendrés par les différentes activités
associées au respect des recommandations de la CAIB. Le coût
total estimé s'élève présentement à
1,1 milliards US$ répartis comme suit pour chacune des trois dernières
années :
2003 :
42 millions $
2004 :
465 millions $
2005 :
612 millions $
Les deux plus importants secteurs de dépense ont été les procédures d'inspection et de réparation en orbite de la protection thermique, avec un total de 249 millions $, et les modifications au réservoir externe, avec 188 millions $.
LES MODIFICATIONS APPORTÉES À LA NAVETTE
Afin d'alléger le contenu des pages de cette section du site Obsat et en faciliter la lecture, les modifications apportées aux navettes spatiales et au déroulement des activités entourant leur lancement feront l'objet de pages séparées qui sont consultables en cliquant sur les sujets ci-dessous. Chaque rubrique est illustrée le plus possible pour en faciliter la compréhension. Toutes les illustrations originales anglaises ont été traduites pour le bénéfice des lecteurs. (Notes : Ces pages sont optimisées pour une résolution d'écran de 1024 x 768.)
LA
PROTECTION ISOLANTE DU RÉSERVOIR EXTERNE
LA
PRISE D'IMAGES DU LANCEMENT ET DE LA RENTRÉE
L'INSPECTION
ET LA RÉPARATION DE LA PROTECTION THERMIQUE
LES
BOULONS RETENANT LES PROPULSEURS À POUDRE
PAGES ARCHIVÉES SUR LA REPRISE DES VOLS
Année
2005
Année
2004
Année
2003
LIENS UTILES
Site du groupe de travail de la NASA dédié à la reprise des vols.
Site de l'administration de la NASA sur la reprise des vols.
Page de William Harwood, de CBS News, sur les préparatifs de STS-114.
Page
d'Obsat sur les détails de la mission STS-114.
Dernière mise à jour de cette page : 14 juillet 2005 à 02:30 UTC
Auteur : Daniel
Deak
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