Deux projets scientifiques canadiens à bord de la navette
spatiale Columbia
(mission STS-107)
Saint-Hubert (Québec), le 16 janvier 2003 - Lancée
aujourd'hui à partir du
Kennedy Space Center en Floride, la navette spatiale Columbia (STS-107)
passera 16 jours en orbite. Pendant cette période, les astronautes
se
livreront à une centaine d'expériences scientifiques
en microgravité pour le
compte de chercheurs de partout au monde. Deux projets de
recherche
canadiens, qui pourraient avoir éventuellement des applications
dans le
secteur de la santé, sont à bord de la navette Columbia.
Les expériences OSTEO-2 amélioreront notre compréhension
du phénomène de
déperdition osseuse qui se produit pendant les vols spatiaux.
Les
propositions de trois équipes scientifiques canadiennes
ont été choisies
dans le cadre de ce projet : deux des équipes travaillent
dans le milieu
universitaire, alors que la troisième est le fruit d'une
collaboration entre
l'Agence spatiale canadienne (ASC) et deux associés industriels.
* L'équipe du Dr Leticia G. Rao, chercheur principal et
de son
collaborateur, le Dr Tim Murray, tous deux à l'hôpital
St. Michael's de
Toronto, s'intéresse à l'utilisation d'hormones pour
favoriser la formation
osseuse en microgravité.
* Une autre équipe, sous la direction du Dr Reginald M.
Gorczynski de
l'University Health Network (UHN) de Toronto étudiera comment
les
perturbations du sommeil et des fonctions immunitaires peuvent
influer sur
le métabolisme osseux.
* Enfin, M. Dennis R. Sindrey de Millenium Biologix et le Dr Bradford
T.
Brinton de NPS Pharmaceuticals mettront à profit l'expérience
précédente
OSTEO-1 afin de caractériser et de définir des profils
de régulation des
gènes responsables de l'ostéogénèse
en microgravité.
* Par ailleurs, le Dr Heersche de l'Université de Toronto
examinera les
effets de la microgravité sur la différenciation
des cellules qui
participent au métabolisme osseux et s'intéressera
au fait que la
différenciation des cellules adipeuses est inversement proportionnelle
à la
différenciation des cellules osseuses.
L'autre expérience canadienne à bord de la navette
concerne la croissance de
cristaux de protéines. Il est difficile de faire croître
des cristaux de
protéines parfaits ou de grosse taille dans les laboratoires
terrestres. La
taille et la qualité des protéines cristallisées
dans l'espace sont
généralement meilleures parce que les effets de la
pesanteur, comme la
sédimentation et la convection, n'affectent pas leur croissance.
Les
cristaux de protéines produits en microgravité sont
donc beaucoup plus
faciles et intéressants à étudier. Les scientifiques
étudient l'architecture
des protéines cristallisées afin de comprendre leurs
interactions
moléculaires. Une connaissance précise des structures
protéiniques permet de
mettre au point des médicaments plus efficaces et comportant
moins d'effets
secondaires. La croissance de cristaux de protéines a des
applications dans
la lutte contre le cancer et le diabète, de même que
dans les recherches sur
les bactéries qui résistent aux antibiotiques. Les
principaux chercheurs de
ce projet sont le Dr Lin de l'Université Laval; le Dr Sygusch
de
l'Université de Montréal; le Dr Christendat de l'Université
de Toronto; le
Dr Delbaere de l'Université de Saskatchewan et le Dr Cygler
de l'Institut de
recherche en biotechnologie.
Renseignements :
Monique Billette
Relations avec les médias
Agence spatiale canadienne