LE SORT DE L'ÉQUIPAGE

        Cette page est consacrée à ce qui est arrivé à la cabine et à l'équipage de la navette Columbia lors de sa destruction le 1er février 2003 au terme d'une mission scientifique fructueuse de 16 jours.


LES DÉBRIS DE CABINE

Le pont intermédiaire s’est désintégré en premier sous l’effet des forces aérodynamiques de manière très rapide.
Les dommages d’origine thermique sont moins importants sur le pont intermédiaire car il s’est désintégré plus vite et les débris ont freiné rapidement sous l'effet des forces aérodynamiques. L'image ci-dessous montre ce qui a été récupéré du plancher de ce pont.

Deux astronautes (sièges 6 et 7) sont restés fixés à leurs sièges sur une partie du plancher pendant un temps. Cette section de plancher est en fait un panneau amovible donnant accès sous la plancher, c'est pourquoi il s'est facilement détaché du reste sans se déchirer. L'ensemble plancher-sièges-astronautes avait la masse la plus élevée par rapport à son volume de tous les items sur le plancher du pont intermédaire. C'est pourquoi cette partie du plancher a souffert davantage de la chaleur (image ci-dessous) qui, selon les analyses, provenait de par en dessous. Les sièges ont cédé lorsque leurs supports en aluminum ont déchirés après avoir ramollis sous l'effet de la chaleur intense.


Le poste de pilotage, quant à lui, a souffert énormément de la chaleur à cause de sa rigidité et de sa masse (coefficient ballistique élevé). Il s'est désintégré lentement vers la fin de la séquence, ce qui fait que pratiquement toutes les pièces d'aluminiumont été vaporisées. L'image ci-dessous à gauche montre ce qui a été récupéré du plancher du poste de pilotage. L'image de droite montre les débris provenant du mur arrière de la cabine sur les deux étages. On y distingue les cadres des deux fenêtres qui donnent sur la soute cargo.

45 % de la masse de la cabine a été trouvée.
80 % du plancher du pont intermédiaire.
Seulement 10 % du plancher du pont supérieur (poste de pilotage).


L'ÉQUIPEMENT DES ASTRONAUTES

        Tous les sièges ont été entièrement détruits sous l'effet de la chaleur, puis des forces aérodynamiques. Les débris de ceux-ci ont été retrouvés avec une dispersion géographique respectant leur position relative dans la cabine. Les ceintures des sièges ont été rompues par des forces extrêmes avant de rentrer dans le logement de leur mécanisme à ressort. C'est pourquoi les ceintures ont pu être analysées grâce au fait que leur boitier les protégeaient de la chaleur. Les astronautes sont restés attachés à leur siège un bout de temps après le début de la destruction de la cabine.

        Tous les casques des astronautes ont été retrouvés. D'après les marques et les dommages, il semble qu'un astronaute ne portait pas le sien au moment de la rentrée. Si l'on se fie aux images prises par une caméra vidéo dans le poste de pilotage, ce serait un mebre de l'équipage assis sur le pont intermédiaire qui ne le portait pas. Les casques ont été arrachés de l'habit par les forces aérodynamiques et sur quatre d'entre eux les visières étaient détruites et manquantes. Des analyses ont montrés que les casques ont été soumis à des températures de l'ordre de 300 à 400 °C.

        Toutes les pièces métalliques des habits ont été arrachées du tissu par les forces aérodynamiques avant d'être sérieusement altérées par la chaleur. Dix bagues de raccords pour les gants de 6 des 7 astronautes ont été retrouvés (image ci-dessous). Une analyse a permis de conclure que 3 astronautes ne portaient pas leurs gants ou les avaient mal installés.

        À la lumière des données recueillies, les enquêteurs ont déterminé que les astronautes sont décédés d'hypoxie (carence d'oxygène) et des suites d'impacts avec des débris et les forces aérodynamiques. Fait surprenant, toutes les valves des réserves personnelles d'oxygène qui ont été retrouvées étaient en position ouverte. Ce qu'on ne saura probablement jamais est si ce sont les astronautes qui ont ouvert ces valves ou si c'est le résultat de la destruction de l'équipement par la chaleur et la force du vent.


Auteur : Daniel Deak
Première publication : 31 janvier 2004
Dernière mise à jour : 31 janvier 2004

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